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8 - LA GUERRE DE TRENTE-ANS


La guerre de Trente Ans qui atteint la Lorraine marque un arrêt brutal au développement. Elle ruine totalement l’économie et fait disparaître dans la tourmente pratiquement la totalité de la population de Vézeval, Laneuveville et Raon. Pour la localité, c’est à la fois conflit de pouvoir politique lequel est enjeu entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique puis de religion entre catholiques et protestants. Cette guerre a pour objectif de détruire toutes économies afin que l’ennemi ne trouve ressources ravageant ainsi la contrée. Cet adversaire n’est jamais trop connu car défenseurs commettent autant de dégâts que les assaillants. A partir de 1628, il est noté que la ville de Raon fournit des chandelles, du bois pour les gardes de la compagnie du marquis de Beauvau qui y loge. Les premières incursions suédoises sont repoussées mais en 1633, la ville subit l’attaque de celles-ci commandée par le RHINGRAFF Otton Louis. Raon est enlevée pendant deux ans où elle est occupée puis pillée par cette invasion. En 1635, Jean De WERTH partisan du duc de Lorraine Charles IV, à la tête d’une petite armée, réussit à reprendre Raon où se trouvent cinq compagnies de cavalerie. Toutefois les français retrouvent puis occupent à nouveau Raon. Durant 1636, le maréchal de camp COLLOREDO, allié du duc de Lorraine, débouche à la tête d’une armée impériale dans la vallée de la Plaine et s’avance vers la ville tenue par le colonel français GASSION. Ce dernier met en échec cette attaque permettant l’arrivée de renforts du maréchal De LA FORCE Une bataille se livre sous les murs de Raon où la victoire reste aux français et les deux milles impériaux de COLLOREDO sont mis en déroute. Désormais le joug des diverses troupes françaises et suédoises de FALKENSTEIN et De ROSE qui stationnent, ruinent complètement Raon et le secteur. La guerre qui se fait sentir entraîne une violente épidémie de peste qui ravage ensuite la localité dans les derniers mois de 1635.

LA PESTE

Déjà en 1021 et 1349, la peste est meurtrière. Elle s’appelle grippes contagieuses « influenza » ou grippe espagnole. Cette maladie laisse des souvenirs matériels. Dans la forêt de la Haute-Neuveville, les restes d’une petite chapelle sont visibles. Elle est surnommée : chapelle des Pestiférés. Sa croix est datée de 1631. A la ferme de la Maladrie située derrière la côte de Beauregard près du menhir, sont jadis transportés loin de la ville, les gens atteints de la lèpre. Non loin de cet endroit se trouve implantée une croix. Très vraisemblablement, des victimes se sont trouvées enterrées là comme près de la chapelle des Pestiférés. La peste des 11ème et 14ème siècles ne sont pas les seules grandes épidémies. A Raon, la peste fait de terribles ravages où les victimes meurent par milliers. Elle apparaît encore au milieu de 1635 et elle fait d’innombrables morts. Pour cette seule année sur cinq mois, d’août à décembre, il est recensé 344 décès. Il y a tellement de morts que les registres paroissiaux ne mentionnent même plus l’identité des victimes. En novembre de cette même année, il y a une dizaine de morts. Celle-ci ne stoppe réellement que vers 1650. La ville connaît le plus gros creux démographique de son histoire : entre 1634 et 1640, elle perd 70% de sa population. Quelques années plus tard en raison de ce fléau, il n’est relevé que 75 feux, trois à quatre cents habitants. En 1710, le recensement n’en donne que 194. Les gens mentionnés au petit hameau de Vézeval ont disparus. Ce lieu est totalement incendié, anéanti et ces ruines ne sont pas relevées. Il cesse définitivement d’exister. Quant au village de La Neuveville, il est inhabité et les riverains qui restent se sont réfugiés dans Raon. Il subsiste une centaine de personnes réparties dans cette ville et aux alentours où ils se cachent. Les ruines matérielles sont importantes. De nombreux édifices et industries sont détruits. Le château Beauregard est en ruine et ravagé par un incendie. De même que les bois puis les vignes de la côtes Beauregard laissées en friches, qui sont complètement brûlés, anéantis par le feu. La Neuveville perd son moulin banal et le battant à écorce qui sont démolis. Beaucoup d’établissements ne sont jamais reconstruits. La majeure partie des maisons des faubourgs de la ville sont détruites. De plus, ajoutons à ces faits, une propagation du phénomène de la sorcellerie. Sur le territoire de l’ancienne commune de La Neuveville-lès-Raon, au Sud de la Haute-Neuveville mais à l’extérieur de la localité dans un val recul de la forêt, situées en lisière du bois sur un pré descendant vers un ruisseau coulant en contrebas se trouvent les ruines de la chapelle. Tout ce secteur porte le toponyme de pestiféré.

Ancienne chapelle des Pestiférés

CROISILLON DE LA CROIX

Jusqu'aux années 1970, cet ouvrage est entretenu et en bon état. De la chapelle des Pestiférés, il ne reste plus à présent que quelques murs effondrés que la végétation envahi au fur et à mesure que les années passent. La croix a disparue. Sur cette ancienne photographie, le croisillon est gravé au centre du millésime : 1631. Le toit de la chapelle est à l'origine à quatre pans, recouvert de tuiles. D’ailleurs à différentes époques, il est remis en état par des associations de bénévoles : scouts, club Vosgien.. Les murs sont construits en moellons de grès. Une ouverture tournée vers l’Ouest est fermée par une porte composée de planches verticales épaisses. Sur celle-ci, à droite dans le tiers supérieur, il peut-être vu une tête d’ange ailée en fonte moulée sous laquelle se trouve une ouverture protégée par des barreaux métalliques verticaux. Dans le tiers inférieur, une ouverture ronde d’un diamètre d’environ 25 cm. Une clenche en fer simple, permet de fermer cette porte. Elle imite celle qui doit fermer originellement le baraquement abritant les malades. La croix comme il l’est dit, date de 1631. Les premières épidémies de peste très intense ont lieu en 1630, 1631 puis de 1633 à 1636. Comme il est évoqué auparavant, à La Neuveville comme à Raon, les ravages sont énormes ainsi que dans la plupart des villages lorrains. Les malades sont mis à l’écart des agglomérations ; La majorité décèdent et sont enterrés sur place. La paroisse a sans doute fait élever ultérieurement une croix sur ce cimetière. La chapelle est construite plus tard englobant cette croix. Celle-ci est d’une hauteur d'environ 2,00 mètres. Construite en grès rose, elle se trouve à l’intérieur, au centre du petit bâtiment. Elle comporte un bénitier à la base du fût et au-dessus du piédestal.

Croisillon avec millésime "1631"

MÉFAITS

De 1643 à 1656, le bilan des pertes survenues à Raon est désastreux. Les ruines matérielles sont importantes divers édifices et petites industries sont détruits dont les Halles de la ville puis l’hôpital en 1643. Le château Beauregard incendié, ravagé, en ruine. Beaucoup de bâtiments ne sont jamais reconstruits. Les faubourgs sont en partie démolis. Ces conséquences sont dramatiques pour la communauté et les cités.

LE CHOLERA


Déjà en août 1832, le choléra fait son apparition. Les décès sont si nombreux que les messes d’enterrement sont supprimées. Les corps des défunts sont directement transportés au cimetière. L’épidémie récidive à Raon en 1849 puis dans les années 1863/1866, cette maladie foudroyante se répand à nouveau avec rapidité. 
Le premier jour du 26 novembre 1865, les premières victimes en sont monsieur HOUTTEMANT Augustin, tripier sur la place du Marché aux Bestiaux (place des Cordeliers puis de la République), monsieur MAZERAN Henry, MAUGEON Nicolas ; 
Le lendemain, deux décès ; les 28 et 29 novembre, huit morts ; le 30, cinq décès ; dans la seule journée du 1er décembre, sept personnes meurent puis jusqu’au 6 décembre, dix ; 
Dans la journée du 7 décembre, cinq encore. L’affolement de la population est justifié. A l’époque, les causes véritables sont ignorées. 

Ce n’est qu’en 1883 que celles-ci sont découvertes par un savant allemand : KOCH Robert. La transmission se faisant toujours par voie orale soit directement par contact avec les selles d’un malade ou porteur du virus, soit par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. L’incubation de courte durée et le décès brutal frappe des sujets en parfaite santé. Cette maladie régresse à partir du 9 décembre pour disparaître. 

Ce qui marque les esprit en ce temps, c’est que d’autres villes ne sont pas atteintes dans toute la région, seule dans l’Est, la ville de Raon est touchée et qu’il y a pas un seul cas à La Neuveville. Cette maladie stimule des soupçons imaginaires probables comme l’arrivée du chemin de feu (train) ayant transporté un contagieux de cette pire épidémies.
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