Collection gratuite et virtuelle

Pour aider à améliorer le site, vous pouvez transmettre des cartes postales.
Scannez ainsi les documents dans une résolution maximum en JEPG de préférence.
Envoyez-les ensuite à l'adresse suivante : bsdjack@neuf.fr
Toutefois aucune réponse ne sera établie sur demande d'achat de cartes.
BONNE VISITE ET MERCI

Retour index

5 - LANEUVEVILLE LES RAON


La religion tient toujours une place importante dans l’histoire des Vosges, et les églises, abbayes, croix et calvaires élevés dans la pierre au détour de chemins, vestiges multiples de croyances érigés dans la ferveur sont là pour en témoigner. 

Au VIème siècle, le mouvement érémitique important, initié par Saint-Colomban, moine irlandais fondateur de Luxeuil (70), partant à la conquête d’espaces nouveaux pour y répandre la foi, entraîne avec lui des groupes de populations qui donnent naissance à de nombreuses villes dont Saint-Bodon celle d’Etival. 

Pendant plus de mille ans, les agglomérations de La Neuveville et de Raon l’Étape ont une histoire distincte. Chacune dépend pour son origine de l’arrivée au VIIème siècle dans notre région, de moines évangélisateurs qui vont édifier des abbayes : Senones, Etival, Moyenmoutier. Le bourg de La Neuveville naît sur le territoire d’Etival. Son abbaye fondée au VIIème siècle est donnée aux moines Prémontrés en 1147. Ceux-ci y restent plus de six cent ans. Indépendants des évêques français, ces Prémontrés n’obéissent qu’au Pape. Ils développent cultures, l’exploitation des forêts et créent des industries. L’abbaye perd sa situation autonome pour être rattachée à l’évêché de Saint-Dié en 1777. 
A la Révolution, les moines quittent définitivement Etival.


Laneuveville

LA NEUFVILLE-DESSOUS-RESPIZ


C’est vers le XIIème siècle, sur la rive gauche de la Meurthe où les terres appartiennent à l’abbaye d’Etival, qu’autorise le monastère de chanoines prémontrés, l’implantation d’une ville neuve. A l’extrémité Nord de ce territoire ce lieu apparaît et en 1226, son nom figure dans la Charte de franchise octroyée par Thierry, abbé d’Etival et Ferri III, duc de Lorraine dont ce dernier présente protection et capitaux aux habitants. Le bourg prend l’appellation de Laneufville-dessous-Respy en 1266, du nom du massif qui les sépare. Malgré que cette Charte d’affranchissement accorde un statut particulier aux futurs habitants qui désirent s’y installer, elle n’apporte aucun essor. Divers articles détaillent une vie juridique et administrative qui devient seigneurie indivise entre le duc et l’abbé. Un maire puis ses échevins gèrent la commune. Laneufville-sous-Respy naît donc sous de propices augures. L’histoire de cette commune est mal connue et ses archives brûlent dans l’incendie de sa mairie en octobre 1944.

La Neuveville n’a pas de véritable cœur historique. Cet endroit ressemble à un hameau. Il reste longtemps un petit village rue qui s’étire le long de la Meurthe (rue Denfert Rochereau) et a surtout une vocation agricole. Cette contrée comprend de grands espaces de champs et de pâtures. Elle est composée de quelques maisons parsemées dans une grande étendue de verdure. L’agriculture est la principale activité mais les terres ne sont pas meilleures que celles de Raon. Le long de la route menant à Épinal, plusieurs fermes isolées abritent des bûcherons. La Neuveville n’a pas de véritable cœur historique. Elle apparaît comme la ville des petites gens : bûcherons, paysans, flotteurs-manœuvres.

En 1710, la population est estimée à 364 habitants. Trop pauvre, elle ne peut se construire un presbytère qu’en 1721 et une église est édifiée seulement entre 1834 et 1838. Il existe un banal moulin. Il se fait un peu de commerce de seigle et d’avoines. Par son port sur la Meurthe qui permet d'expédier des trains de planches puis de bois d'œuvre, la croissance de la commune est ensuite rapide et les moines blancs procurent un savoir-faire de leurs maîtres d'art et convers. Ces religieux glissent alors vers une vie contemplative. L'administration ducale comprend cependant qu'il faut prendre l'initiative de fonder Raon afin d'assurer la rupture de charges sur la rive droite qui se relient facilement à la montagne par l'axe marchand de la voie des Saulniers.

Avant 1871, La Neuveville est complètement délaissée par l’industrie et tournées vers le commerce du bois. mais après la guerre de 1870, l’industrialisation lui permet de se développer. L’annexion de l’Alsace Lorraine entraîne une émigration de patrons des régions citées et la commune rurale connaît alors un essor sans précédent avec l’installation de nombreuses usines sur son territoire. En effet, ce bourg resté avec une population modeste de l'ordre de quelques milliers d'habitants et encore séparée de Raon par la rivière de la Meurthe jusqu'à la fin du 19ème siècle, s’accroît considérablement en une décennie seulement tendit que le nombre de Raon augmente plus lentement. Ce fait est due au privilège du chemin de fer tout en recevant une gare en 1864. Au grand regret de Raon l’Étape ne possédant pas d’espaces, le rail profite ainsi à l’extension puis à la croissance de La Neuveville en lui apportant des industries. Néanmoins celui-ci met fin paradoxalement au flottage qu'elle a contribué à développer au XIIème siècle. Les usines et la construction de cette voie ferrée transforment complètement La Neuveville qui devient cité industrielle où vont résider des entrepreneurs.

La commune actuelle est issue de la fusion après les calamités de la deuxième guerre mondiale en 1947, des deux communes sinistrées et dont les habitants restants sont fortement encadrés par l'aide humanitaire, en particulier la Croix-rouge suisse. L'adjoint CAQUEL faisant office de maire responsable de La Neuveville se demande s'il est bien raisonnable de reconstruire à grand frais dans un contexte économique morose la mairie rasée alors que celle de Raon L'Étape devient trop importante pour une population également réduite et démunie. Il propose alors une fusion à vertu économique, qui est acceptée par les deux conseils et le préfet. Les deux villes sont conçues idéalement à l'origine comme complémentaires mais pourtant elles sont longtemps antagonistes et souvent rivales dans des champs d'activités économiques semblables. Aujourd’hui, une grande partie des terrains sont transformés en lotissements. La ville est devenue zone résidentielle dans sa plus grande partie et zone d’activité industrielle à proximité de la gare (zone du Hagis).


Appellations successives

En 1266, Laneufville-dessous-Respy et Laneufville-sous-Respy,
En 1310, La Neuveville-sous-Répy,
En 1597, La Neuveville-sous-Raon, La Neuveville-devant-Raon puis La Neuveville-lès-Raon,
Enfin le 1 janvier 1947, elle fusionne avec Raon l’Étape (monsieur COLIN Joseph, ancien maire de La Neuveville devient maire des deux localités). A la fusion des deux villes, la commune de Raon l’Étape devient avec 6331 habitants, la cinquième agglomération des Vosges derrière Épinal, Saint-Dié, Remiremont et Thaon les Vosges.



Autres pages : Accueil 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10